Conserver, étudier et présenter les collections sont les trois axes importants de tout musée. Les développements technologiques ainsi que l'évolution des publics ont transformé peu à peu les possibilités et les réponses aux différents enjeux auxquels les institutions muséales font face.

Ainsi, les techniques d'analyse en laboratoire se sont considérablement accrues et les informations obtenues par des prélèvements (aussi infimes soient-ils) permettent aujourd'hui d'en savoir d'avantage sur les objets collectés anciennement ou plus récemment. Cependant, ces échantillonnages perturbent l'intégrité de l'artefact.

De même, les collections d'objets et leur manière de les récolter ont radicalement changé depuis une cinquantaine d'années. Il n'est parfois plus possible de sortir l'objet du pays où il a été découvert et de plus, les objets récemment découverts doivent le plus souvent être rendus après étude. Il ne faut pas omettre non plus les risques de pertes des œuvres lors de catastrophes, qu'elles soient issues de causes naturelles ou humaines.

Enfin, le public a également évolué et les techniques d'information et de présentation doivent suivre aussi ce cheminement. Les présentations en vitrine, quoique fondamentales, deviennent peu à peu obsolètes, le visiteur attendant aussi de nouveaux supports médiatiques pour des informations originales et complémentaires.

Exemples de scanners 3D.

La numérisation 3d à haute résolution peut rencontrer en grande partie ces nouvelles problématiques en permettant de :

  1. 1. créer un "clone virtuel" qui peut se substituer au modèle original pour de nombreuses applications patrimoniales et scientifiques.
  2. 2. d'améliorer les collections en termes de quantité et de valeur scientifique.
  3. 3. De continuer à avoir accès aux spécimens pour des études scientifiques mêmes après leur rapatriement ou destruction partielle ou totale.
  4. 4. De réaliser des reproductions dans différents matériaux et de constituer des présentations innovantes pour les visiteurs.

C'est sur cette base de réflexion que le projet AGORA 3D a vu le jour.

Exemple de modèle 3D
Bois de renne gravé du trou Magritte ©IRSNB.

Le consortium AGORA 3D est composé de 4 institutions scientifiques fédérales belges appartenant aux pôles "Nature" et "Art". Il s'agit de :

  1. Institut Royal des Sciences Naturelles ;
  2. Musée Royal de l'Afrique Centrale ;
  3. Musées Royaux d'Art et d'Histoire ;
  4. Institut Royal du Patrimoine Artistique.

Le but principal de ce consortium est d'élargir au maximum le spectre des collections et d'envisager ainsi un grand nombre de cas d'études. Les partenaires de ce projet sont déjà tous impliqués par ailleurs dans des programmes nationaux ou européens utilisant la digitalisation 3D en haute résolution.

Large variété de cas d'études.
©MRAH & ©IRSNB